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Articles

par Hélène Lamoureux 26 mars 2026
En clinique, l’intégration de nouvelles modalités doit répondre à une réalité concrète : contraintes de temps, adhésion du patient et objectifs fonctionnels. La stimulation neuromusculaire électrique, bien que largement étudiée, demeure parfois sous-utilisée ou appliquée de façon hétérogène. Une meilleure compréhension de ses indications permet d’en maximiser les retombées. 1 - Et si vous pouviez limiter la perte de force dès les premières semaines? Après une blessure majeure comme une reconstruction du ligament croisé antérieur, le défi ne se limite pas à la guérison des tissus. Le véritable enjeu réside dans la récupération fonctionnelle. Malgré une réadaptation bien conduite, plusieurs athlètes présentent une faiblesse persistante du quadriceps, une atrophie musculaire et une inhibition arthrogénique qui ralentissent leur progression. Dans ce contexte, une question clinique s’impose : comment optimiser les premières phases de réadaptation pour préserver la fonction musculaire et faciliter le retour au jeu? La stimulation neuromusculaire électrique apporte une réponse concrète à cet enjeu. 1.1 - Recruter ce que l’exercice seul n’active pas L’intérêt principal de la stimulation neuromusculaire électrique repose sur son mode d’action. Contrairement à la contraction volontaire, elle favorise le recrutement des fibres musculaires de type II, essentielles à la production de force et particulièrement vulnérables après une blessure. En présence d’inhibition arthrogénique, cette capacité devient déterminante. La stimulation permet alors de contourner les limites de l’activation volontaire et de maintenir un niveau suffisant de sollicitation musculaire. Elle ne remplace pas l’exercice thérapeutique, mais agit comme un amplificateur de ses effets. 1.2 - Des gains mesurables qui influencent le retour au sport Les données probantes sont convaincantes. Chez des joueurs de soccer professionnels ayant subi une reconstruction du ligament croisé antérieur, la stimulation neuromusculaire électrique a permis de restaurer de manière sécuritaire et efficace la masse et la force du quadriceps. Plus encore, à l’échelle cellulaire, une application précoce, amorcée peu après la blessure et maintenue jusqu’à trois semaines après la chirurgie, a réduit l’atrophie des fibres musculaires de type II et préservé la contractilité des fibres de type I. Un essai randomisé a également montré que l’ajout de la stimulation neuromusculaire électrique à des exercices précoces de type assis-debout, réalisés entre 15 et 60 jours après la chirurgie, améliore la force du quadriceps et réduit l’asymétrie de charge entre les membres inférieurs à 60 et 180 jours postopératoires. Ces résultats sont associés à un retour au sport plus rapide et plus sécuritaire. 2 - L’aspect motivationnel : un levier déterminant de la réadaptation Au-delà des bénéfices physiologiques, la stimulation neuromusculaire électrique présente un avantage psychologique souvent sous-estimé : le maintien de la motivation du patient tout au long du processus de réadaptation. 2.1 - Des résultats tangibles soutenant l’engagement Pour un athlète habitué à performer, les premières semaines postopératoires peuvent s’avérer particulièrement éprouvantes. La stimulation neuromusculaire électrique permet de provoquer des contractions musculaires significatives même lorsque l’activation volontaire est limitée par la douleur ou l’inhibition arthrogénique. Cette capacité à percevoir l’activation musculaire, ainsi qu’à observer des progrès mesurables, contribue à renforcer la confiance du patient et son adhésion au programme de réadaptation. La littérature indique que la motivation et la préparation psychologique constituent des déterminants majeurs du retour au sport. Des niveaux élevés de motivation, une bonne préparation psychologique et une faible crainte de récidive sont associés à une probabilité accrue de retrouver un niveau de participation comparable à celui d’avant la blessure. Dans cette perspective, l’efficacité de la stimulation neuromusculaire électrique repose également sur l’adhésion du patient et sur la pertinence de cette modalité pour son profil. Les patients motivés, pour lesquels cette approche est cohérente et significative, sont plus susceptibles d’en tirer des bénéfices optimaux. Les athlètes visant un retour au jeu à la fois rapide et sécuritaire constituent ainsi d’excellents candidats. L’intégration de cette modalité devrait s’inscrire dans une démarche de prise de décision partagée, tenant compte des objectifs, des préférences et du niveau d’engagement du patient. 2.2 - Comment intégrer efficacement la stimulation en clinique L’efficacité de la stimulation neuromusculaire électrique dépend de la manière dont elle est utilisée. Quatre principes guident son intégration. 1. Intervenir tôt Les premières semaines représentent une fenêtre critique. Une introduction précoce permet de limiter les pertes musculaires et de soutenir la récupération du quadriceps. 2. Superposer à l’exercice Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque la stimulation est combinée à des exercices fonctionnels. La superposition avec des contractions volontaires, incluant des actions concentriques et excentriques, optimise les gains de force. 3. Adapter les paramètres Les paramètres doivent être ajustés selon les objectifs cliniques et le stade de réadaptation. Des fréquences modérées sont généralement utilisées pour le travail moteur, avec des ajustements en fonction des exigences fonctionnelles. 4. S’inscrire dans une stratégie globale de retour au jeu La stimulation neuromusculaire électrique prend toute sa valeur lorsqu’elle est intégrée dans une approche globale et structurée. Elle doit être combinée avec : · Une progression graduelle des charges · Des mesures objectives de performance · Une évaluation de la préparation psychologique · Une quantification du stress mécanique Cette cohérence entre les interventions permet d’optimiser la prise de décision clinique et de sécuriser le retour au sport. 3 - À retenir en pratique La stimulation neuromusculaire électrique constitue un levier pertinent pour agir précocement sur la fonction musculaire, soutenir l’engagement du patient et optimiser les trajectoires de récupération. Son efficacité repose toutefois sur une adéquation entre la modalité, les objectifs du patient et son niveau de motivation. Les athlètes engagés dans un processus de retour au jeu rapide et sécuritaire représentent des candidats particulièrement appropriés. Utilisée en complément de l’exercice thérapeutique et intégrée dans une approche structurée, elle devrait s’inscrire dans une démarche de prise de décision partagée, afin de favoriser l’adhésion et de maximiser les bénéfices cliniques à long terme. Références: Ardern, C. L., Taylor, N. F., Feller, J. A., & Webster, K. E. (2013). A systematic review of the psychological factors associated with returning to sport following injury. British Journal of Sports Medicine, 47(17), 1120-1126. https://doi.org/10.1136/bjsports-2012-091203 Babault, N., Cometti, C., Maffiuletti, N. A., & Deley, G. (2011). Does electrical stimulation enhance post-exercise performance recovery? European Journal of Applied Physiology, 111(10), 2501-2507. https://doi.org/10.1007/s00421-011-2117-7 Ekizos, A., & Santuz, A. (2023). "Biofeedback-based return to sport": Individualization through objective assessments. Frontiers in Physiology, 14, 1185556. https://doi.org/10.3389/fphys.2023.1185556 Gabbett, T. J. (2020). How much? How fast? How soon? Three simple concepts for progressing training loads to minimize injury risk and enhance performance. The Journal of Orthopaedic and Sports Physical Therapy, 50(10), 570-573. https://doi.org/10.2519/jospt.2020.9256 Herring, S. A., Putukian, M., Kibler, W. B., et al. (2024). Team physician consensus statement: Return to sport/return to play and the team physician: A team physician consensus statement—2023 update. Medicine and Science in Sports and Exercise, 56(5), 767-775. https://doi.org/10.1249/MSS.0000000000003371 Hickey, J. T., Timmins, R. G., Maniar, N., Williams, M. D., & Opar, D. A. (2017). Criteria for progressing rehabilitation and determining return-to-play clearance following hamstring strain injury: A systematic review. Sports Medicine, 47(7), 1375-1387. https://doi.org/10.1007/s40279-016-0667-x Labanca, L., Rocchi, J. E., Laudani, L., et al. (2018). Neuromuscular electrical stimulation superimposed on movement early after ACL surgery. Medicine and Science in Sports and Exercise, 50(3), 407-416. https://doi.org/10.1249/MSS.0000000000001462 Malone, J. K., Blake, C., & Caulfield, B. M. (2014). Neuromuscular electrical stimulation during recovery from exercise: A systematic review. Journal of Strength and Conditioning Research, 28(9), 2478-2506. https://doi.org/10.1519/JSC.0000000000000426 Menezes, M. A., Menezes, D. A., Vasconcelos, L. L., & DeSantana, J. M. (2022). Is electrical stimulation effective in preventing or treating delayed-onset muscle soreness (DOMS) in athletes and untrained adults? A systematic review with meta-analysis. The Journal of Pain, 23(12), 2013-2035. https://doi.org/10.1016/j.jpain.2022.05.004 Taradaj, J., Halski, T., Kucharzewski, M., et al. (2013). The effect of neuromuscular electrical stimulation on quadriceps strength and knee function in professional soccer players: Return to sport after ACL reconstruction. BioMed Research International, 2013, 802534. https://doi.org/10.1155/2013/802534 Taylor, T., West, D. J., Howatson, G., et al. (2015). The impact of neuromuscular electrical stimulation on recovery after intensive, muscle damaging, maximal speed training in professional team sports players. Journal of Science and Medicine in Sport, 18(3), 328-332. https://doi.org/10.1016/j.jsams.2014.04.004 Toth, M. J., Tourville, T. W., Voigt, T. B., et al. (2020). Utility of neuromuscular electrical stimulation to preserve quadriceps muscle fiber size and contractility after anterior cruciate ligament injuries and reconstruction: A randomized, sham-controlled, blinded trial. The American Journal of Sports Medicine, 48(10), 2429-2437. https://doi.org/10.1177/0363546520933622
par Hélène Lamoureux 27 février 2026
La douleur peut être inquiétante, surtout lorsqu’elle persiste. Pourtant, toutes les douleurs ne fonctionnent pas de la même façon. Comprendre la différence entre une douleur aiguë et une douleur chronique peut aider à mieux saisir ce qui se passe dans votre corps et à choisir les bonnes stratégies pour aller mieux. La douleur aiguë : un signal d’alarme normal La douleur aiguë est une réaction normale du corps lorsqu’il y a une blessure, comme une entorse, une fracture ou une brûlure. Elle agit un peu comme un système d’alarme : elle vous avertit qu’une partie de votre corps a besoin de protection et de temps pour guérir. En général : Elle est liée à une blessure précise. Elle diminue progressivement avec la guérison. Son évolution est souvent prévisible. Dans ce contexte, le but est de contrôler la douleur tout en laissant au corps le temps de se réparer. La douleur chronique : quand le système devient plus sensible On parle de douleur chronique lorsque la douleur persiste au-delà de trois mois, même si la blessure initiale est guérie ou en voie de l’être. Dans ce cas, ce n’est pas nécessairement qu’il y a encore un dommage. Le système nerveux peut simplement être devenu plus sensible. Les nerfs transmettent les signaux plus facilement et le cerveau peut amplifier ces messages. Cela signifie que la douleur est réelle et elle ne veut pas forcément dire qu’il y a encore une blessure active. Le corps est devenu plus « vigilant » ou plus sensible. Comprendre cela est important, car cela aide à diminuer la peur et à mieux orienter le traitement. Pourquoi contrôler la douleur tôt est important Même si la douleur aiguë est normale, une douleur très intense ou mal contrôlée ne devrait pas être ignorée. Une douleur très forte au départ peut augmenter le risque qu’elle persiste plus longtemps. Cela ne veut pas dire que cela va forcément arriver, mais cela souligne l’importance d’agir tôt pour réduire la douleur de façon sécuritaire. L’objectif n’est pas seulement d’être plus confortable maintenant, mais aussi de favoriser une meilleure récupération à long terme. En réadaptation, le but n’est pas seulement de soulager la douleur, mais aussi de vous donner des outils pour reprendre le contrôle. Médication Certaines crèmes ou gels anti-inflammatoires peuvent être utiles au début. Parfois, des comprimés oraux comme l’acétaminophène ou certains anti-inflammatoires peuvent aussi être recommandés, selon votre situation. Le pharmacien peut vous aider à comprendre comment les utiliser de façon sécuritaire et efficace. Les médicaments plus forts, comme les opioïdes, ne sont généralement pas priorisé en première intention, car ils comportent plus de risques. Votre médecin sera la meilleure ressource pour prescrire la meilleure médication en fonction de votre blessure. Cependant, la médication à elle seule ne peut pas toujours réduire la douleur à 100%. Modalités complémentaires Il existe aussi des options non médicamenteuses fréquemment utilisée en réadaptation. Par exemple, la neurostimulation électrique transcutanée, appelée TENS, est un appareil qui envoie de légères impulsions électriques à travers la peau. Des études montrent qu’il peut réduire la douleur à court terme, autant dans les douleurs aiguës que chroniques. Il peut être utilisé seul ou en complément d’autres traitements pharmacologiques ou non pharmacologiques. L’important, c’est de rester actif dans son processus de prise en charge de la douleur. En réadaptation, nous pouvons vous enseigner : Des stratégies simples pour gérer la douleur, comme la chaleur, le froid ou certaines techniques de respiration. Des exercices adaptés à votre stade de guérison. Une reprise graduelle des activités, avec des objectifs réalistes. Des explications claires sur la douleur pour diminuer la peur et l’inquiétude. Ces outils vous aident non seulement à diminuer la douleur, mais aussi à retrouver confiance en votre capacité à bouger et à fonctionner. Conclusion La douleur aiguë et la douleur chronique ne fonctionnent pas de la même façon, et elles ne se traitent pas exactement de la même manière. Dans tous les cas, votre douleur est prise au sérieux. L’objectif est de vous aider à comprendre ce qui se passe, à réduire l’intensité de vos symptômes et à vous redonner du contrôle. Avec une approche adaptée, graduelle et personnalisée, il est possible d’améliorer la situation et de favoriser une récupération durable. Références Cohen, S. P., Vase, L., & Hooten, W. M. (2021). Chronic pain : An update on burden, best practices, and new advances. Lancet, 397(10289), 2082‑2097. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(21)00393-7 Hsu, J. R., Mir, H., Wally, M. K., Seymour, R. B., & Orthopaedic Trauma Association Musculoskeletal Pain Task Force. (2019). Clinical Practice Guidelines for Pain Management in Acute Musculoskeletal Injury. Journal of Orthopaedic Trauma, 33(5), e158‑e182. https://doi.org/10.1097/BOT.0000000000001430 Johnson, M. I. (2021). Resolving Long-Standing Uncertainty about the Clinical Efficacy of Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation (TENS) to Relieve Pain : A Comprehensive Review of Factors Influencing Outcome. Medicina, 57(4), Article 4. https://doi.org/10.3390/medicina57040378 Johnson, M. I., Paley, C. A., Jones, G., Mulvey, M. R., & Wittkopf, P. G. (2022). Efficacy and safety of transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) for acute and chronic pain in adults : A systematic review and meta-analysis of 381 studies (the meta-TENS study). BMJ Open, 12(2), e051073. https://doi.org/10.1136/bmjopen-2021-051073 Nasir, A., Afridi, M., Afridi, O. K., Khan, M. A., Khan, A., Zhang, J., & Qian, B. (2025). The persistent pain enigma : Molecular drivers behind acute-to-chronic transition. Neuroscience and Biobehavioral Reviews, 173, 106162. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2025.106162 Qaseem, A., McLean, R. M., O’Gurek, D., Batur, P., Lin, K., Kansagara, D. L., & for the Clinical Guidelines Committee of the American College of Physicians and the Commission on Health of the Public and Science of the American Academy of Family Physicians. (2020). Nonpharmacologic and Pharmacologic Management of Acute Pain From Non–Low Back, Musculoskeletal Injuries in Adults : A Clinical Guideline From the American College of Physicians and American Academy of Family Physicians. Annals of Internal Medicine, 173(9), 739‑748. https://doi.org/10.7326/M19-3602 Terminology | International Association for the Study of Pain. (s. d.). International Association for the Study of Pain (IASP). Consulté 16 février 2026, à l’adresse https://www.iasp-pain.org/resources/terminology/ Treede, R.-D., Rief, W., Barke, A., Aziz, Q., Bennett, M. I., Benoliel, R., Cohen, M., Evers, S., Finnerup, N. B., First, M. B., Giamberardino, M. A., Kaasa, S., Korwisi, B., Kosek, E., Lavand’homme, P., Nicholas, M., Perrot, S., Scholz, J., Schug, S., … Wang, S.-J. (2019). Chronic pain as a symptom or a disease : The IASP Classification of Chronic Pain for the International Classification of Diseases (ICD-11). Pain, 160(1), 19‑27. https://doi.org/10.1097/j.pain.0000000000001384 VA/DoD, T. L. G. (s. d.). VA/DoD Clinical Practice Guideline for the Use of Opioids in the Management of Chronic Pain. Vase, L., Wager, T. D., & Eccleston, C. (2025). Opportunities for chronic pain self-management : Core psychological principles and neurobiological underpinnings. Lancet, 405(10491), 1781‑1790. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(25)00404-0
par Hélène Lamoureux 14 janvier 2026
Une option de première ligne simple, sécuritaire et fondée sur les données probantes La souffrance liée aux menstruations, communément appelée « dysménorrhée primaire », est l’une des causes les plus courantes de douleur dans la région pelvienne chez les adolescentes et les femmes en âge de procréer. Elle se manifeste par des douleurs semblables à celles des menstruations et peuvent persister de plusieurs heures à quelques jours au début des menstruations. Bien qu’elle soit souvent perçue comme un phénomène physiologique normal, la dysménorrhée primaire est associée à des répercussions fonctionnelles importantes, incluant une diminution de la participation aux activités quotidiennes, une baisse de la productivité au travail, absentéisme à l’école et une altération de la qualité de vie (Arik et coll., 2022; González-Mena et coll., 2024). En ce qui concerne le traitement médicamenteux de la dysménorrhée primaire, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et les traitements hormonaux sont encore très répandus. Cependant, plusieurs chercheurs mettent en évidence des préoccupations quant à l’efficacité optimale de ces médicaments en raison de leurs effets secondaires potentiels ou de certaines contre-indications chez certaines patientes (Elboim-Gabyzon & Kalichman, 2020 ; Han et coll., 2024). Ces limites médicales alimentent l’engouement pour des approches non pharmacologiques, abordables et sûres, dont la stimulation électrique transcutanée des nerfs, également connue sous le nom de TENS, gagne progressivement en notoriété. Le TENS comme option de première ligne en dysménorrhée primaire Le TENS est une modalité non invasive qui consiste à appliquer des courants électriques de faible intensité à travers des électrodes placées sur la peau, généralement au niveau abdominal ou lombaire. Cette intervention se distingue par sa simplicité d’utilisation, son faible coût et sa possibilité d’autoadministration, permettant aux patientes de poursuivre leurs activités quotidiennes pendant les épisodes douloureux (Elboim-Gabyzon & Kalichman, 2020). Les données probantes actuelles soutiennent l’efficacité du TENS dans la réduction de la douleur associée à la dysménorrhée primaire. Une analyse de la littérature a révélé que le TENS est plus efficace qu’un placebo pour soulager la douleur menstruelle (Arik et coll., 2022). Cette méta-analyse a compilé les résultats de plusieurs essais contrôlés randomisés. Selon la dernière revue systématique Cochrane, le TENS, que ce soit à haute ou à basse fréquence, pourrait diminuer la douleur par rapport à un placebo ou à l’absence de traitement, mais avec un niveau de confiance modéré en raison de certaines limites méthodologiques (Han et coll., 2024). Outre la réduction de la douleur, certaines recherches ont mis en évidence une baisse de la consommation d’analgésiques et une amélioration de la capacité à poursuivre les activités quotidiennes pendant les règles. Ces résultats sont importants pour la gestion globale de la dysménorrhée primaire (Camilo et coll., 2023 ; Han et coll., 2024). Mécanismes d’action du TENS dans la douleur menstruelle La dysménorrhée primaire est principalement causée par une production excessive de prostaglandines, entraînant une hypercontractilité utérine, une vasoconstriction locale et une ischémie transitoire du myomètre. Ces mécanismes contribuent à l’apparition de crampes douloureuses et à l’accroissement de la sensibilité à la douleur pendant les menstruations (Elboim-Gabyzon & Kalichman, 2020 ; González-Mena et coll., 2024). Le TENS agit sur la douleur menstruelle par plusieurs mécanismes complémentaires. Selon la théorie du portillon, la stimulation des fibres afférentes de gros calibre inhibe la transmission des influx nociceptifs au niveau de la corne dorsale de la moelle épinière, réduisant ainsi la perception de la douleur (Elboim-Gabyzon & Kalichman, 2020). Par ailleurs, le TENS favorise la libération d’opioïdes endogènes, tels que les endorphines et les enképhalines, contribuant à une modulation centrale de la douleur (Han et coll., 2024). On a également émis l’hypothèse que le TENS pourrait entraîner des effets bénéfiques indirects, tels qu’une augmentation de la circulation locale et une diminution de l’ischémie utérine. Ces mécanismes sont en accord avec la physiopathologie de la dysménorrhée primaire, ce qui renforce l’intérêt du TENS en tant qu’approche visant spécifiquement les mécanismes sous-jacents à la douleur menstruelle (Elboim-Gabyzon & Kalichman, 2020). Sécurité du TENS La sécurité d’emploi du TENS est bien documentée dans la littérature. Les études cliniques ainsi que les synthèses exhaustives révèlent un faible nombre d’effets secondaires, qui sont habituellement bénins et temporaires, tels qu’une légère rougeur cutanée au niveau des électrodes (Han et coll., 2024). Aucune complication grave n’a été rapportée lorsque les contre-indications usuelles sont respectées. Le caractère non pharmacologique du TENS représente un avantage clinique majeur, en particulier chez les patientes qui tolèrent mal les traitements médicamenteux ou qui désirent limiter leur consommation d’analgésiques. De plus, le TENS peut être utilisé en toute sécurité tout au long des cycles menstruels, sans craindre de développer une dépendance ou de subir des interactions médicamenteuses connues (Elboim-Gabyzon & Kalichman, 2020). Normaliser l’utilisation du TENS Bien que des preuves de plus en plus solides soient disponibles, le TENS est encore sous-utilisé dans le traitement de la dysménorrhée primaire. Cette situation est en partie due à la banalisation persistante de la douleur menstruelle et à la priorité historique accordée aux approches pharmacologiques. Normaliser l’utilisation du TENS implique de reconnaître la dysménorrhée primaire comme une condition douloureuse légitime nécessitant des stratégies de gestion de douleur adaptées, accessibles et centrées sur la patiente. Pour les professionnels de la santé, intégrer le TENS comme option de première ligne permet d’offrir une intervention favorisant l’autonomie, le maintien des activités et une approche multimodale de la douleur. Le TENS peut être proposé seul ou en combinaison avec d’autres interventions non pharmacologiques, comme l’exercice thérapeutique, la thermothérapie ou l’éducation à la douleur, dans une perspective de soins individualisés et fondés sur les données probantes (González-Mena et coll., 2024 ; Mendes et al., 2024). Conclusion Le TENS représente une option de gestion de la douleur simple, sécuritaire et efficace pour la dysménorrhée primaire. Les données actuelles suggèrent qu’il serait bénéfique de commencer à l’utiliser dès le début des symptômes, surtout chez les femmes qui cherchent à poursuivre leurs activités quotidiennes tout en minimisant leur dépendance aux médicaments. En normalisant son usage les professionnels de la santé disposent d’un outil concret pour améliorer la prise en charge de la douleur menstruelle et contribuer à une meilleure qualité de vie des personnes concernées. Références Arik, M. I., Kiloatar, H., Aslan, B., & Icelli, M. (2022). The effect of TENS for pain relief in women with primary dysmenorrhea: A systematic review and meta-analysis. Explore, 18(2), 108–113. https://doi.org/10.1016/j.explore.2020.08.005 Camilo, F. M., Bossini, P. S., Driusso, P., Ávila, M. A., Parizotto, N. A., Sousa, U. R., & Ramos, R. R. (2023). The effects of electrode placement on analgesia using transcutaneous electrical nerve stimulation for primary dysmenorrhea: A single-blind randomized controlled clinical trial. Cureus, 15(5), e39326. https://doi.org/10.7759/cureus.39326 Elboim-Gabyzon, M., & Kalichman, L. (2020). Transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) for primary dysmenorrhea: An overview. International Journal of Women’s Health, 12, 1–10. https://doi.org/10.2147/IJWH.S220523 González-Mena, Á., Leirós-Rodríguez, R., & Hernández-Lucas, P. (2024). Treatment of women with primary dysmenorrhea with manual therapy and electrotherapy techniques: A systematic review and meta-analysis. Physical Therapy. https://doi.org/10.1093/ptj/pzae019 Han, S., Park, K. S., Lee, H., Kim, E., Zhu, X., Lee, J. M., & Suh, H. S. (2024). Transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) for pain control in women with primary dysmenorrhoea. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2024(7), CD013331. https://doi.org/10.1002/14651858.CD013331.pub2 Mendes, C. F., Oliveira, L. S., Garcez, P. A., Azevedo-Santos, I. F., & DeSantana, J. M. (2024). Effect of different electric stimulation modalities on pain and functionality of patients with pelvic pain: A systematic review with meta-analysis. Pain Practice. https://doi.org/10.1111/papr.13417
par Hélène Lamoureux 15 décembre 2025
La stimulation neuromusculaire, largement désignée dans la littérature par l’acronyme NMES (stimulation électrique neuromusculaire), constitue une modalité couramment utilisée en réadaptation pour renforcer les muscles dont la contraction volontaire est diminuée. La NMES peut être utilisée dans le cadre de traitements conservateurs, ainsi qu’avant, pendant et après une intervention chirurgicale. Son principal intérêt est de pouvoir activer les unités motrices, même en présence de douleur, d’œdème ou d’inhibition neuromusculaire. Plusieurs muscles peuvent en bénéficier, mais le quadriceps demeure le plus étudié en raison de son rôle fonctionnel essentiel et de sa sensibilité à l’inhibition arthrogène : un réflexe protecteur qui réduit l’activation musculaire lorsqu’une articulation est irritée ou douloureuse (Watson, 2020). Les bases scientifiques de la NMES: un mécanisme particulier de recrutement moteur Sur le plan neurophysiologique, la NMES stimule directement les nerfs moteurs grâce à un courant électrique appliqué à la surface de la peau. Cette stimulation contourne le contrôle volontaire et provoque une contraction musculaire en dépolarisant les axones. Contrairement au recrutement physiologique, les unités motrices de petit diamètre sont activées en premier. Elles correspondent surtout aux fibres de type I, qui sont endurantes mais moins puissantes. Avec la NMES, l’activation se fait plus rapidement au niveau d’unités motrices plus larges, associées aux fibres de type II, qui sont plus rapides et plus puissantes (Watson, 2020). Cette inversion du recrutement permet de produire une contraction efficace même lorsque l’activation volontaire est limitée par la douleur, l’inhibition arthrogène, la chirurgie ou l’immobilisation. Elle joue ainsi un rôle important dans la prévention de la perte de qualité musculaire et dans le rétablissement de la fonction lorsque l’effort volontaire est restreint. Au-delà des effets neurophysiologiques, la NMES peut aussi jouer un rôle motivationnel important en réadaptation. Chez un patient incapable de produire une contraction volontaire, notamment en phase préopératoire ou dans les jours suivant une chirurgie, le fait d’observer une contraction visible induite par la stimulation constitue souvent une source de réassurance et de motivation. Cette réponse musculaire objective donne au patient l’impression d’être actif dans sa récupération, même lorsque la douleur, l’œdème ou l’inhibition neuromusculaire limitent l’effort volontaire. Cette expérience peut renforcir l’engagement dans la réadaptation, diminuer l’appréhension liée au mouvement et favoriser l’adhésion au programme d’exercices. Temporalité optimale d’utilisation : de la période préopératoire au retour fonctionnel La période préopératoire La préhabilitation musculaire est associée à de meilleurs résultats postopératoires (Anderson et coll., 2021), et la NMES peut aider à maintenir la fonction lorsque la douleur ou l’instabilité limitent l’exercice volontaire (Watson, 2020). Bien que les preuves directes préopératoires soient encore insuffisantes, les effets observés dans la phase postopératoire précoce suggèrent qu’une stimulation électrique régulière permet de préserver la force et de réduire la perte musculaire attendue (Watson, 2020). Elle s’insère donc naturellement dans un programme de renforcement musculaire avant une opération de reconstruction ligamentaire ou une arthroplastie. La phase postopératoire précoce Les bénéfices les plus marqués de la NMES sont observés lorsqu’elle est instaurée rapidement après la chirurgie. Conley et ses collègues (2021) recommandent de l’introduire dans les deux premières semaines postopératoires, période durant laquelle l’inhibition musculaire est maximale. Une mise en œuvre précoce favorise ainsi une meilleure activation du quadriceps et accélère la récupération de la force. Dans une récente méta-analyse de Li et coll. (2025), il est recommandé de commencer la rééducation neuromusculaire dès les premiers jours suivant une opération de reconstruction du ligament croisé antérieur. Cette méthode s’avère plus efficace que si elle était mise en place plus tard. Cela met en évidence l’importance de débuter rapidement les traitements de neurostimulation musculaire pour maximiser la fonction. La phase intermédiaire Au fur et à mesure que la douleur s’estompe et que la mobilité s’améliore, la NMES se révèle être un outil précieux pour renforcer les muscles de manière volontaire. Elle permet aux patients de contracter leurs muscles à des niveaux de difficulté qu’ils ne pourraient pas atteindre seuls, favorisant ainsi le développement musculaire. Lorsqu’elle est combinée à un programme d’exercices, elle peut renforcer la force et soulager la douleur, en particulier à une fréquence de 50 à 75 Hz (Novak et coll., 2020). L’utilisation de cet exercice peut varier en fonction des objectifs à atteindre, que ce soit la force, la proprioception ou l’endurance. La phase tardive Dans les cas où le patient est en mesure de réaliser des exercices à haute intensité, l’utilisation de NMES se concentre davantage sur les objectifs de réadaptation spécifiques et s’adapte au mode de vie. Elle peut être utilisée pour corriger des déséquilibres persistants, et les déficiences résiduelles ou appuyer la quantification du stress mécanique lors de reprise d’activités significatives ou sportives. Ses effets sont généralement plus modestes à cette étape, mais demeurent utiles. Par exemple, la méta-analyse de Peng et ses collaborateurs (2021) rapporte des améliorations fonctionnelles modérées, mais cliniquement pertinentes après une arthroplastie totale du genou. Conclusion : une modalité efficace lorsqu’elle est intégrée au bon moment La NMES atteint son plein potentiel lorsqu’elle est rigoureusement intégrée au processus de réadaptation. En période préopératoire, elle contribue au maintien de la masse et de la qualité musculaires. Immédiatement après l’intervention, elle atténue l’inhibition neuromusculaire, facilitant ainsi la réactivation précoce du muscle ciblé. Dans les phases plus avancées de la rééducation, elle soutient le renforcement progressif, la quantification du stress mécanique et l’optimisation de la fonction musculaire. Pour assurer des effets durables, une utilisation régulière demeure essentielle, au même titre qu’un programme structuré d’exercices, puisque la répétition et l’intégration de la stimulation en autosoins en maximisent l’efficacité. Enfin, l’important corpus de données probantes portant sur le quadriceps offre un cadre de référence solide pour orienter son application clinique et peut, avec discernement, être transposé à d’autres groupes musculaires. Références Watson, T. (2020). Electrotherapy Evidence-Based Practice (13e éd.). Elsevier. Anderson, A. M., Comer, C., Smith, T. O., Drew, B. T., Pandit, H., Antcliff, D., Redmond, A. C., & McHugh, G. A. (2021). Consensus on pre-operative total knee replacement education and prehabilitation recommendations : A UK-based modified Delphi study. BMC Musculoskeletal Disorders, 22(1), 352. https://doi.org/10.1186/s12891-021-04160-5 Conley, C. E. W., Mattacola, C. G., Jochimsen, K. N., Dressler, E. V., Lattermann, C., & Howard, J. S. (2021). A Comparison of Neuromuscular Electrical Stimulation Parameters for Postoperative Quadriceps Strength in Patients After Knee Surgery : A Systematic Review. Sports Health: A Multidisciplinary Approach, 13(2), 116‑127. https://doi.org/10.1177/1941738120964817 Li, Z., Jin, L., Chen, Z., Shang, Z., Geng, Y., Tian, S., & Dong, J. (2025). Effects of Neuromuscular Electrical Stimulation on Quadriceps Femoris Muscle Strength and Knee Joint Function in Patients After ACL Surgery : A Systematic Review and Meta-analysis of Randomized Controlled Trials. Orthopaedic Journal of Sports Medicine, 13(1), 23259671241275071. https://doi.org/10.1177/23259671241275071 Novak, S., Guerron, G., Zou, Z., Cheung, G., & Berteau, J.-P. (2020). New Guidelines for Electrical Stimulation Parameters in Adult Patients With Knee Osteoarthritis Based on a Systematic Review of the Current Literature. American Journal of Physical Medicine & Rehabilitation, 99(8), 682‑688. https://doi.org/10.1097/PHM.0000000000001409 Peng, L., Wang, K., Zeng, Y., Wu, Y., Si, H., & Shen, B. (2021). Effect of Neuromuscular Electrical Stimulation After Total Knee Arthroplasty : A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Frontiers in Medicine, 8, 779019. https://doi.org/10.3389/fmed.2021.779019
TENS Electrodes
par H%C3%A9l%C3%A8ne Lamoureux 25 novembre 2025
Dans le contexte actuel où les approches non pharmacologiques prennent une place grandissante dans la gestion de la douleur, la stimulation électrique transcutanée des nerfs, mieux connue sous le nom de TENS, attire à nouveau l’attention. Malgré plus de cinquante ans de recherche, son efficacité clinique continue d’alimenter les débats. Pourtant, les données récentes montrent que cette modalité, lorsqu’elle est bien comprise et bien utilisée, peut réellement contribuer au soulagement de la douleur et à l’amélioration de la participation fonctionnelle. Pour le clinicien, comprendre les mécanismes du TENS et les facteurs qui influencent son efficacité permet d’accompagner plus justement le patient dans ses décisions et de favoriser l’adhésion au traitement. 1- De retour aux bases, le principe du portillon Le TENS s’appuie sur un principe connu depuis les années 1960 : la théorie du portillon, proposée par Melzack et Wall. Cette théorie a complètement changé notre façon de comprendre la douleur. On y apprend que la douleur n’est pas simplement un message envoyé du corps vers le cerveau, mais qu’elle passe d’abord par un véritable centre de tri situé dans la moelle épinière. Lorsqu’un courant électrique doux est appliqué sur la peau à l’aide du TENS, il stimule certaines fibres nerveuses spécialisées dans les sensations tactiles, celles qui transmettent le toucher ou la pression. Ces fibres, plus rapides que celles de la douleur, envoient des signaux qui viennent « fermer la porte » au passage des messages douloureux. Résultat : le cerveau reçoit moins d’informations liées à la douleur. La personne ressent alors un picotement ou une vibration agréable sous les électrodes. Cette sensation n’est pas anodine : elle correspond à l’activité de ces fibres qui bloquent temporairement le passage des influx douloureux vers le système nerveux central. Autrement dit, le TENS agit comme si l’on « frottait la douleur » de façon électrique, en réduisant sa transmission avant même qu’elle n’atteigne les zones du cerveau qui la perçoivent. 2- La libération d'endorphines L’action du TENS ne s’arrête pas à ce « portillon » de la moelle épinière. En plus de bloquer temporairement la transmission de la douleur, la stimulation électrique déclenche une réaction chimique dans le corps. En réponse au courant, le cerveau et la moelle épinière libèrent des substances naturelles qui soulagent la douleur, comme les endorphines et d’autres messagers analgésiques. Ces molécules sont parfois appelées les « morphines naturelles » du corps, car elles agissent sur les mêmes récepteurs que certains médicaments opioïdes, mais sans leurs effets indésirables. Les recherches de Vance et de son équipe ont montré que la façon dont le TENS agit dépend de la fréquence du courant. À basse fréquence, le TENS stimule surtout la production d’endorphines, ce qui favorise un effet apaisant, généralisé et plus durable. À haute fréquence, il agit davantage sur d’autres circuits nerveux du cerveau et de la moelle épinière qui servent à freiner la douleur de façon plus immédiate. En combinant ces deux types d’action, chimique et nerveuse, le TENS aide le système nerveux à reprendre le contrôle sur la douleur. C’est aussi ce qui explique que certaines personnes ressentent un soulagement qui se prolonge après la séance. 3- Comprendre les résultats variables de la littérature Les nombreuses études et revues systématiques sur le TENS aboutissent à des conclusions inégales, souvent parce qu’il existe d’importantes variations dans la façon d’appliquer la modalité. Il faut dire qu’il y a beaucoup de variables à contrôler : l’intensité, la fréquence, la durée, l’emplacement des électrodes, sans compter les caractéristiques individuelles de chaque patient. Ces différences expliquent en partie pourquoi certains essais montrent des effets marqués alors que d’autres demeurent non-concluent. Parmi tous ces paramètres, l’intensité du courant ressort comme le facteur le plus déterminant. Pour que le TENS soit efficace, la stimulation doit être suffisamment forte pour produire une sensation nette et diffuse, mais toujours confortable. Une intensité trop faible ne déclenche ni la fermeture du portillon spinal ni la libération d’endorphines endogènes. On recommande généralement d’ajuster le courant jusqu’à ce que le patient ressente un picotement soutenu, sans douleur, et de le réajuster dès que la sensation diminue. Avec le temps, il peut aussi s’installer une tolérance, un peu comme une adaptation du système nerveux au stimulus. Si la personne utilise toujours les mêmes réglages, l’effet analgésique peut s’atténuer. Varier la fréquence, la durée ou la position des électrodes permet souvent de raviver la réponse du système nerveux et de prolonger les bienfaits. Enfin, l’adhésion du patient joue un rôle central. Le TENS n’est pas une technique qu’on peut simplement prescrire et oublier : sa réussite dépend beaucoup de la compréhension et de l’engagement de la personne. Un patient bien formé, qui sait quand et comment utiliser son appareil, ajuste mieux la stimulation et obtient de meilleurs résultats. À l’inverse, un manque d’explication ou de suivi peut mener à un abandon rapide, souvent interprété à tort comme un échec du traitement. 4- Ce que disent les recherches récentes Les études publiées au cours des dernières années offrent une image plus claire de l’efficacité du TENS lorsqu’il est bien utilisé. Une méta-analyse réalisée par Johnson et ses collaborateurs en 2022 montre que le TENS réduit de façon significative la douleur dans plusieurs situations : douleur postopératoire, arthrose du genou, lombalgie chronique, neuropathie diabétique et fibromyalgie. Dans une autre étude menée auprès de femmes atteintes de fibromyalgie, Vance et son équipe ont observé un phénomène intéressant : les participantes qui ressentaient une amélioration de leur douleur ou de leur fatigue dès la première séance étaient aussi celles qui répondaient le mieux au traitement après plusieurs semaines. Autrement dit, la première expérience du TENS peut prédire la suite. Cette observation souligne l’importance du suivi clinique initial et de l’accompagnement du professionnel pour ajuster le traitement au besoin. Ces recherches confirment que le TENS fonctionne réellement, à condition d’être appliqué avec la bonne intensité, la bonne fréquence et le bon encadrement. 5- Le rôle du clinicien Même si le TENS est un outil que le patient peut utiliser lui-même, l’efficacité du traitement dépend largement du soutien et de la formation offerts par le professionnel de la santé. Le rôle du clinicien est d’abord d’évaluer si le TENS est approprié pour la situation du patient. Le clinicien joue aussi un rôle central dans la prise de décision partagée. Expliquer les bénéfices attendus, les limites et le fait que le soulagement peut être partiel ou temporaire aide le patient à développer des attentes réalistes. Ce dialogue ouvert renforce la confiance, soutient l’autonomie et augmente la probabilité d’une bonne adhésion à l’autogestion. Ensuite, le clinicien agit comme guide et éducateur. Il montre au patient où placer les électrodes, comment régler la fréquence et l’intensité, et à quel moment utiliser l’appareil pour en tirer le meilleur effet. En somme, le TENS est plus qu’un simple dispositif : c’est un outil qui prend toute sa valeur lorsqu’il s’inscrit dans une relation thérapeutique active et collaborative. 6- Un outil d'autonomie et de participation Lorsqu’il est bien intégré à une approche multimodale, le TENS offre au patient un moyen concret d’agir sur la douleur. Ce sentiment de contrôle constitue un facteur clé d’adaptation et de bien-être. L’usage du TENS ne remplace pas les interventions de fond comme l’exercice, la rééducation ou les approches psychologiques, mais il s’inscrit comme un complément qui soutient l’autonomie et la motivation à demeurer actif malgré la douleur. En aidant le patient à comprendre le fonctionnement de la modalité, à ajuster les paramètres et à en évaluer les bénéfices, le professionnel devient un partenaire essentiel dans la prise de décision partagée. Comprendre le TENS, c’est donc avant tout comprendre comment soutenir le patient dans son autonomie et dans le choix éclairé des stratégies qui lui permettront de mieux vivre avec la douleur. Références Travers, M. J., O’Connell, N. E., Tugwell, P., Eccleston, C., & Gibson, W. (2020). Transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) for chronic pain: The opportunity to begin again. The Cochrane Database of Systematic Reviews, 2020(4), ED000139. https://doi.org/10.1002/14651858.ED000139 Johnson, M. I. (2021). Resolving long-standing uncertainty about the clinical efficacy of transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) to relieve pain: A comprehensive review of factors influencing outcome. Medicina, 57(4), 378. https://doi.org/10.3390/medicina57040378 Johnson, M. I., Paley, C. A., Jones, G., Mulvey, M. R., Wittkopf, P. G., & Eardley, W. J. (2022). Efficacy and safety of transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) for acute and chronic pain in adults: A systematic review and meta-analysis of 381 studies (BMJ Open 2022;12:e051073). BMJ Open, 12(12), e051073. https://doi.org/10.1136/bmjopen-2021-051073 Vance, C. G. T., Dailey, D. L., Chimenti, R. L., Van Gorp, B. J., Crofford, L. J., & Sluka, K. A. (2022). Using TENS for pain control: Update on the state of the evidence. Medicina, 58(10), 1332. https://doi.org/10.3390/medicina58101332 Vance, C. G. T., Zimmerman, M. B., Dailey, D. L., Rakel, B. A., Geasland, K. M., Chimenti, R. L., Williams, J. M., Golchha, M., Crofford, L. J., & Sluka, K. A. (2021). Reduction in movement-evoked pain and fatigue during initial 30-minute transcutaneous electrical nerve stimulation treatment predicts TENS responders in women with fibromyalgia. Pain, 162(5), 1545–1555. https://doi.org/10.1097/j.pain.0000000000002144 Vance, C. G. T., Dailey, D. L., Rakel, B. A., & Sluka, K. A. (2014). Using TENS for pain control: The state of the evidence. Pain Management, 4(3), 197–209. https://doi.org/10.2217/pmt.14.13
ergotherapie electrotherapie
par H%C3%A9l%C3%A8ne Lamoureux 21 octobre 2025
L’ergothérapie occupe une place essentielle dans la réadaptation des personnes vivant avec une blessure, une douleur chronique ou une limitation fonctionnelle. Son objectif dépasse la simple réadaptation de la capacité physique : il s’agit de permettre à la personne de reprendre un rôle actif et satisfaisant dans ses activités quotidiennes, domestiques, sociales et professionnelles. Pour y parvenir, l’ergothérapeute s’appuie sur une approche globale qui considère à la fois les dimensions physiques, cognitives et affectives de la santé (OEQ, 2024). Les recherches récentes soulignent l’importance de cette vision biopsychosociale de la douleur. Lagueux et al. (2018) ont montré que l’ergothérapie se distingue par son ancrage occupationnel, orienté vers l’engagement et la participation plutôt que la simple réduction des symptômes. Plus récemment, Bouchard et al. (2025) ont démontré que les ergothérapeutes contribuent activement au développement des compétences d’autogestion chez les personnes vivant avec de la douleur chronique, en les aidant à expérimenter, à se réguler et à intégrer des stratégies concrètes dans leur routine. Dans ce contexte, l’électrothérapie émerge comme un outil complémentaire intéressant. Bien qu’elle soit historiquement plus associée à la physiothérapie, son intégration progressive dans la pratique en ergothérapie permet de soutenir la gestion de la douleur, de favoriser la mobilisation et d’encourager l’autonomie du client. L’ergothérapie : Une approche centrée sur la globalité du client La pratique ergothérapique repose sur une compréhension intégrative de la santé et du fonctionnement humain. Les travaux de Lagueux et al. (2023) démontrent que les ergothérapeutes québécois adoptent une approche centrée sur l’occupation, combinant l’éducation, la réadaptation au travail, la conservation de l’énergie et la modification des activités pour soutenir la participation. Cette diversité d’interventions illustre la capacité d’adaptation de la profession face à la complexité de la douleur chronique. Ainsi, lorsqu’un ergothérapeute accompagne une personne blessée, il s’intéresse autant à l’impact physique qu’aux répercussions sur le moral, la motivation et la participation sociale. L’évaluation comprend souvent des éléments liés à la gestion du temps, à l’équilibre entre les rôles de vie, à la tolérance à l’effort et à la perception de la douleur. Cette vision holistique facilite l’intégration de moyens complémentaires, comme l’électrothérapie, dans la démarche de réadaptation. On vous explique ! L’électrothérapie au service de la mobilisation et de la reprise d’activité L’électrothérapie désigne l’utilisation de courants électriques à des fins thérapeutiques. La modalité la plus fréquemment utilisée est le TENS (stimulation électrique transcutanée). Cette modalité a pour principal objectif de réduire la douleur (Johnson et al., 2022). En effet, les données suggèrent que ses effets analgésiques à court terme sont comparables ou même supérieurs à ceux obtenus avec la médication de première intention (Arnold, 2020). En ergothérapie, l’électrothérapie peut être utilisée comme moyen de soutien à la mobilisation ou à la reprise d’activités fonctionnelles. Par exemple, elle peut aider un client à diminuer la douleur associée à un mouvement douloureux, à maintenir une posture de travail ou à réaliser un exercice sans dépasser ses limites. En diminuant la douleur, le TENS facilite la participation active et contribue à maintenir le niveau d’activité nécessaire à la progression des activités prescrites par l’ergothérapeute (Dailey et al., 2020). Cette modalité prend tout son sens lorsqu’elle est enseignée au client comme outil d’autogestion. En apprenant à l’utiliser de manière sécuritaire et adaptée, la personne devient plus autonome. Elle peut l’utiliser à domicile, ce qui aide à conserver les gains réalisés et à éviter les régressions liées à la douleur ou à l’inactivité. L’autonomie comme cible thérapeutique L’autonomie du client demeure au cœur de la pratique ergothérapique. Selon Bouchard et al. (2025), les ergothérapeutes favorisent l’autogestion de la douleur à travers des interventions expérientielles visant trois compétences clés : comprendre sa condition, utiliser efficacement les stratégies d’autogestion et se réguler pour maintenir la participation aux activités. L’électrothérapie fonctionnelle s’inscrit dans cette logique. Lorsqu’elle est bien encadrée, elle devient un prolongement du plan de traitement du professionnel de la santé. Elle encourage la personne à expérimenter, à observer ses réactions et à ajuster son utilisation en fonction de ses besoins. Cette responsabilisation favorise un meilleur engagement dans le processus thérapeutique et contribue à renforcer la confiance envers ses propres capacités. De plus, l’apprentissage de l’autogestion de la douleur à l’aide d’un outil concret comme le TENS peut avoir un effet positif sur la motivation. Le client se sent acteur de son mieux-être plutôt que spectateur de ses symptômes. Cette approche renforce la cohérence entre les différents aspects du traitement : exercices fonctionnels, gestion de l’énergie, stratégies cognitives et retour progressif aux activités significatives. La gestion de l’énergie : un pilier en ergothérapie La gestion de l’énergie permet de prévenir la fatigue, d’éviter les cycles de surmenage et de maintenir une participation constante. Lagueux et al. (2023) ont montré que la conservation d’énergie et l’hygiène posturale font partie des interventions les plus fréquemment utilisées par les ergothérapeutes au Québec. Ces approches favorisent une meilleure planification des activités et une réduction des exacerbations de la douleur. De nombreux clients vivant avec de la douleur ou une fatigue persistante ont tendance à alterner entre des périodes de suractivité et d’évitement. L’ergothérapeute les aide à identifier leurs signaux d’alerte précoces : douleur croissante, baisse de concentration, irritabilité ou fatigue. Cela permet d’ajuster leur rythme avant d’atteindre le seuil de décompensation. Des outils tels que l’échelle de perception de l’effort ou les journaux d’activités sont souvent utilisés pour quantifier et réguler la charge énergétique. Combinée à l’électrothérapie, cette approche permet d’améliorer la tolérance à l’effort. Par exemple, un client peut utiliser la stimulation avant ou après certaines tâches pour diminuer la douleur, ce qui lui permet de maintenir une activité plus constante et équilibrée. Inversement, il peut aussi utiliser la modalité pendant la tâche si celle-ci est associée à de la douleur ou une peur associée au mouvement. La gestion de l’énergie ne vise pas seulement à réduire la fatigue, mais à favoriser la conscience de soi, la planification et la capacité d’adaptation. Elle s’intègre parfaitement dans la philosophie ergothérapique centrée sur l’autonomie et la prévention des rechutes. La collaboration interdisciplinaire au service du client L’intégration de l’électrothérapie et d’autres modalités physiques doit se faire dans le cadre d’une collaboration interdisciplinaire, en cohérence avec le modèle de soins recommandé par l’OEQ et les lignes directrices de l’International Association for Study of Pain (IASP, 2025). Le travail interdisciplinaire favorise la cohérence des interventions et la sécurité du client. L’ergothérapeute peut ainsi s’assurer, en collaboration avec les professionnels de la physiothérapie, que la modalité est utilisée de manière appropriée, sans contre-indication, et qu’elle s’inscrit dans les objectifs globaux du plan de soins. Les rencontres d’équipe et les échanges cliniques permettent d’ajuster les interventions selon les progrès observés et d’harmoniser les messages transmis au client. Cette approche intégrée renforce la qualité du suivi. Elle permet d’éviter la duplication des interventions et d’assurer une continuité entre les aspects physiques, cognitifs et psychosociaux de la réadaptation. En somme, l’interdisciplinarité donne tout son sens à la notion de prise en charge globale. Vers une ergothérapie intégrative et proactive L’électrothérapie enrichit la palette d’outils disponibles de l’ergothérapeute pour soutenir le processus de réadaptation. Lorsqu’elle est utilisée de façon réfléchie, adaptée au profil du client et intégrée dans un plan de traitement collaboratif, elle peut contribuer de manière significative à la diminution de la douleur, à l’amélioration de la mobilité et au renforcement de la confiance en soi. L’approche intégrative qui combine électrothérapie, éducation, autogestion et collaboration interdisciplinaire correspond à la vision actuelle d’une ergothérapie proactive, orientée vers la santé durable et la participation. Elle s’aligne sur les orientations de l’Ordre des ergothérapeutes du Québec, qui promeut des pratiques basées sur les données probantes et centrées sur la personne. Finalement, l’électrothérapie se présente comme un moyen complémentaire pertinent dans une démarche thérapeutique globale. Utilisée judicieusement, elle soutient les principes fondamentaux de la profession : autonomie, occupation, collaboration et renforcement du pouvoir d’agir. *** L’intégration de l’électrothérapie dans la pratique ergothérapique doit s’appuyer sur une collaboration interdisciplinaire étroite, notamment avec les professionnels de la physiothérapie. Conformément aux principes déontologiques de l’Ordre des ergothérapeutes du Québec, l’ergothérapeute agit dans les limites de son champ de compétence et s’assure que l’utilisation de modalités physiques comme le TENS soit cohérente avec le plan de traitement global établi en équipe. Cette concertation favorise la sécurité du client, la complémentarité des interventions et le respect des champs d’exercice de chacun, tout en renforçant la qualité et la continuité des soins offerts.*** Références Arnold, M. J. (2020). Management of Acute Pain from Non–Low Back Musculoskeletal Injuries : Guidelines from AAFP and ACP. American Family Physician, 102(11), 697‑698.  Bouchard, S., Choinière, M., Masse, J., Labourot, J., & Vachon, B. (s. d.). Empowering people living with chronic pain to use self-management strategies in their daily lives : Understanding occupational therapy practices. Disability and Rehabilitation, 0(0), 115. https://doi.org/10.1080/09638288.2025.2540069  Dailey, D. L., Vance, C. G. T., Rakel, B. A., Zimmerman, M. B., Embree, J., Merriwether, E. N., Geasland, K. M., Chimenti, R., Williams, J. M., Golchha, M., Crofford, L. J., & Sluka, K. A. (2020). Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation Reduces Movement‐Evoked Pain and Fatigue : A Randomized, Controlled Trial. Arthritis & Rheumatology, 72(5), 824‑836. https://doi.org/10.1002/art.41170  Johnson, M. I., Paley, C. A., Jones, G., Mulvey, M. R., & Wittkopf, P. G. (2022). Efficacy and safety of transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) for acute and chronic pain in adults : A systematic review and meta-analysis of 381 studies (the meta-TENS study). BMJ Open, 12(2), e051073. https://doi.org/10.1136/bmjopen-2021-051073 Lagueux, É., Dépelteau, A., & Masse, J. (2018). Occupational Therapy’s Unique Contribution to Chronic Pain Management : A Scoping Review. Pain Research & Management, 2018, 5378451. https://doi.org/10.1155/2018/5378451 Lagueux, É., Masse, J., Pagé, R., Marin, B., & Tousignant-Laflamme, Y. (2023). Management of Chronic Pain by Occupational Therapist : A Description of Practice Profile. Canadian Journal of Occupational Therapy. Revue Canadienne D’ergotherapie, 90(4), 384394. https://doi.org/10.1177/00084174231162709 Masse, J., Nielsen, S. S., Christensen, J. R., Skou, S. T., Côté, J., Saunders, S., Lagueux, É., Boulanger, A., Perez-Martinez, J., Lussier, M., & Pagé, M. G. (2023). Co-designing a Canadian adaptation of a lifestyle-oriented intervention aimed to improve daily functioning of individuals living with chronic pain : A multi-method study protocol of REVEAL(OT) Canada. Frontiers in Rehabilitation Sciences, 4, 1281680. https://doi.org/10.3389/fresc.2023.1281680 Qu’est-ce que l’ergothérapie? (s. d.). Ordre des ergothérapeutes du Québec. Consulté 21 octobre 2025, à l’adresse https://www.oeq.org/m-informer/qu-est-ce-que-l-ergotherapie.html Pain Treatment Services. (s. d.). International Association for the Study of Pain (IASP). Consulté 21 octobre 2025, à l’adresse https://www.iasp-pain.org/resources/guidelines/pain-treatment-services/
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Témoignages

Ensemble EVA pour accouchement
par Annie Bélanger T.Phys., DESS en pratique de la réadaptation 26 septembre 2023
Mon nom est Marie-Pierre Fournier. Je suis technologue en physiothérapie depuis huit ans et propriétaire d’une clinique depuis presque trois ans.