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Lorsqu'on pense au postpartum, on pense spontanément au plancher pelvien, à la récupération musculaire ou à l'allaitement. Pourtant, pour plusieurs femmes, l’un des principaux obstacles à la récupération demeure la douleur : douleur périnéale après un accouchement vaginal, douleur post-césarienne, lombalgies, tensions cervicales liées à l'allaitement, crampes utérines ou inconfort associé aux difficultés d'allaitement... Ces douleurs peuvent limiter la mobilité, nuire au sommeil, compliquer l'allaitement et retarder le retour aux activités. Pour les professionnels de la santé, cela soulève une question importante : comment offrir des traitements efficaces, sécuritaires, compatibles avec l'allaitement et permettant de limiter le recours à la médication lorsque cela est possible ? C'est dans cette perspective que le EVA présente un intérêt. En combinant la stimulation électrique transcutanée (TENS) et la stimulation électrique neuromusculaire (NMES), il permet d'accompagner plusieurs problématiques fréquemment rencontrées en postpartum, qu'il s'agisse de la gestion de la douleur ou de rééducation du plancher pelvien. Toutes les indications ne reposent toutefois pas sur le même niveau de preuve. Voici ce que la littérature scientifique permet actuellement de conclure. 1.Pourquoi le TENS? Le TENS est utilisé depuis plusieurs décennies pour traiter les douleurs musculosquelettiques et postopératoire. Son efficacité repose principalement sur deux mécanismes complémentaires. À haute fréquence, il stimule les fibres sensitives de gros diamètre (Aβ), ce qui réduit la transmission des signaux douloureux au niveau de la moelle épinière selon le mécanisme du portillon spinal. À basse fréquence, il active également les voies inhibitrices descendantes et favorise la libération d'opioïdes endogènes, contribuant ainsi à une analgésie plus prolongée (Smith et al., 2023). Une revue récente suggère également que le TENS pourrait moduler certaines réponses inflammatoires et immunitaires, ce qui pourrait expliquer une partie des effets bénéfiques observés dans différents contextes douloureux, notamment en postpartum (Chen et al., 2025). 2.Douleur périnéale : l'indication la mieux soutenue La douleur périnéale constitue actuellement l'indication du TENS la mieux étayée par les données probantes chez les femmes en postpartum. Une méta-analyse regroupant 17 essais cliniques et près de 2 000 participantes rapporte que le TENS, utilisé en complément des soins habituels, réduit significativement la douleur comparativement aux soins habituels seuls (Beleza et al., 2026). Les auteurs jugent le niveau de preuve modéré, ce qui en fait l'indication postpartum bénéficiant actuellement du soutien scientifique le plus solide. Lorsque le TENS est comparé à un placebo, les résultats demeurent encourageants, mais le niveau de preuve est considéré comme très faible en raison de plusieurs limites méthodologiques. Ce que cela signifie en clinique Le TENS peut être intégré aux traitements habituels, notamment la cryothérapie, les conseils de positionnement, les exercices thérapeutiques et la médication, lorsque nécessaire. Pour les professionnels de la santé, le EVA représente ainsi une option supplémentaire pour améliorer le confort des patientes, sans interférer avec l'allaitement. 3.Douleur post-césarienne : un complément à l'analgésie multimodale La douleur après une césarienne peut retarder la mobilisation, compliquer les soins au nouveau-né et rendre l'allaitement plus difficile. Une revue Cochrane regroupant dix études conclut que le TENS réduit la douleur postopératoire lorsqu'il est utilisé en complément de l'analgésie habituelle. Certaines études rapportent également une diminution des recours aux analgésiques de secours ainsi qu'une amélioration de certains paramètres physiologiques, comme la fréquence cardiaque et respiratoire (Zimpel et al., 2020). Ce que cela signifie en clinique Le TENS ne remplace pas l'analgésie pharmacologique. Il peut toutefois peut s'intégrer à une approche multimodale visant à optimiser le contrôle de la douleur et à favoriser une mobilisation précoce. 4.Douleurs musculosquelettiques : accompagner la reprise des activités Les douleurs lombaires, thoraciques et cervicales sont très fréquentes après l'accouchement. Elles sont associées aux adaptations liées à la grossesse, au portage du bébé, à l'allaitement et à la reprise graduelle des activités. Une revue publiée dans Frontiers in Neurology conclut que le TENS est efficace pour soulager plusieurs douleurs musculosquelettiques rencontrées en postpartum, tout en présentant un excellent profil d'innocuité (Chen et al., 2025). Par ailleurs, une méta-analyse en réseau portant sur la lombalgie liée à la grossesse rapporte une amélioration significative de la fonction physique, avec un niveau de preuve modéré (Chen et al., 2021). Ce que cela signifie en clinique Le EVA peut être utilisé en complément des exercices thérapeutiques, de la thérapie manuelle et de l'éducation posturale afin de favoriser une récupération plus confortable et de faciliter le retour aux activités quotidiennes. 5.La rééducation du plancher pelvien : un autre atout du EVA La douleur n'est pas le seul enjeu du postpartum. Après l'accouchement, plusieurs femmes présentent également une faiblesse du plancher pelvien ou une difficulté à recruter efficacement cette musculature. Grâce à son mode NMES, EVA peut également soutenir la rééducation du plancher pelvien lorsqu'une stimulation neuromusculaire est cliniquement indiquée. Chez certaines patientes, cette modalité peut favoriser une meilleure prise de conscience musculaire et faciliter l'exécution d'un programme d'exercices supervisés. Comme toute intervention en réadaptation, la NMES doit s'inscrire dans une approche globale comprenant l'évaluation clinique, les exercices thérapeutiques et l'éducation de la patiente. 6.Santé mammaire : une avenue de recherche prometteuse Les difficultés liées à l'allaitement constituent une autre source importante de douleur en postpartum. Les canaux lactifères obstrués, l'engorgement mammaire et la mastite peuvent compromettre la poursuite de l'allaitement et nuire à la qualité de vie. Bien que le TENS ne fasse pas partie des traitements actuellement recommandés pour ces conditions, certaines équipes de recherche commencent à en explorer le potentiel. Une étude de cas présentée par Smigelski et Gallagher décrit l'utilisation du TENS chez une femme ayant présenté deux épisodes de canaux lactifères obstrués. Les auteurs rapportent une diminution rapide de la douleur ainsi que la disparition complète de la masse palpable après une ou deux séances de traitement. Ils avancent l'hypothèse que la stimulation favoriserait la contraction des cellules myoépithéliales entourant les alvéoles mammaires, facilitant ainsi l'éjection du lait et la résolution de l'obstruction. Comment interpréter ces résultats? Bien que ces résultats soient encourageants, ils doivent être interprétés avec prudence. Cette publication décrit le cas d'une seule patiente, sans groupe témoin ni comparaison avec l'évolution naturelle de la condition. De plus, les résultats reposent principalement sur la douleur rapportée par la patiente et sur l'évaluation clinique de la masse palpable. Il est donc impossible de conclure à l'efficacité du TENS ou de généraliser ces observations à l'ensemble des femmes allaitantes. Les auteurs soulignent d'ailleurs que des essais cliniques contrôlés sont nécessaires avant qu'une telle approche puisse être recommandée en pratique clinique. 7.Ce qu'il faut retenir Le postpartum est une période caractérisée par des besoins cliniques multiples et évolutifs. Pour les professionnels de la santé, disposer d'un appareil capable d'accompagner différentes étapes de cette récupération représente un avantage. Grâce à ses modes TENS et NMES, EVA permet d'intervenir à la fois dans la prise en charge de la douleur et dans la rééducation du plancher pelvien. Les données probantes soutiennent particulièrement son utilisation pour : 1. la douleur périnéale après un accouchement vaginal; 2. la douleur post-césarienne; 3. les douleurs musculosquelettiques liées au postpartum. D'autres applications, notamment en santé mammaire, suscitent un intérêt croissant, mais reposent encore sur des données préliminaires. Elles devront être confirmées par des essais cliniques de qualité avant de pouvoir être intégrées aux recommandations de pratique. En somme, le EVA ne constitue pas une solution unique à toutes les problématiques du postpartum. Il représente plutôt un outil polyvalent dont plusieurs indications sont appuyées par les données probantes et qui peut s'intégrer à une prise en charge globale, personnalisée et centrée sur les besoins des femmes. Références: Beleza, A. C. S., Jorge, C. H., Liebano, R. E., et al. (2026). Electrophysical resources for the treatment of acute perineal pain after vaginal delivery: A systematic review with meta-analysis. The Journal of Pain. Bernard, A., Oyler, D. R., Anglen, J. O., et al. (2020). Best practices guidelines for acute pain management in trauma patients. American College of Surgeons. Chen, B., Chen, C., Zhao, X., & Xu, Y. (2025). An update comprehensive review on the effects of transcutaneous electrical nerve stimulation for postnatal physical and psychological disorders. Frontiers in Neurology. Chen, L., Ferreira, M. L., Beckenkamp, P. R., et al. (2021). Comparative efficacy and safety of conservative care for pregnancy-related low back pain: A systematic review and network meta-analysis. Physical Therapy. Deussen, A. R., Ashwood, P., Martis, R., Stewart, F., & Grzeskowiak, L. E. (2020). Relief of pain due to uterine cramping/involution after birth. Cochrane Database of Systematic Reviews. Gibson, W., Wand, B. M., Meads, C., Catley, M. J., & O'Connell, N. E. (2019). Transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) for chronic pain: An overview of Cochrane reviews. Cochrane Database of Systematic Reviews. Martimbianco, A. L. C., Porfírio, G. J., Pacheco, R. L., Torloni, M. R., & Riera, R. (2019). Transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) for chronic neck pain. Cochrane Database of Systematic Reviews. McCahill-Riley, M., Downey, K., & Clarke, V. (2026). Electrotherapy in lactation care. Journal of Human Lactation. Smith, T. J., Wang, E. J., & Loprinzi, C. L. (2023). Cutaneous electroanalgesia for relief of chronic and neuropathic pain. The New England Journal of Medicine. Smigelski, C., & Gallagher, L. (2024). The use of transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) to relieve pain and resolve blocked milk ducts in lactating women: A case report [Affiche scientifique]. Oregon Health & Science University. Zimpel, S. A., Torloni, M. R., Porfírio, G. J., Flumignan, R. L., & da Silva, E. M. (2020). Complementary and alternative therapies for post-caesarean pain. Cochrane Database of Systematic Reviews.

On associe souvent la stimulation électrique neuromusculaire (NMES) à la phase postopératoire. Cependant, des preuves de plus en plus convaincantes indiquent que son utilisation précoce, avant l’intervention chirurgicale, peut contribuer significativement à la réadaptation des patients (Punnoose et al., 2023 ; Walls et al., 2010 ; Patanè et al., 2025). Cette évolution repose sur une idée simple : l'état musculaire dans lequel un patient entre en chirurgie influence directement sa capacité à récupérer par la suite (Gillis et al., 2022 ; Hiyama et al., 2026). En d'autres termes, une meilleure condition musculaire préopératoire est généralement associée à de meilleurs résultats fonctionnels postopératoires (Punnoose et al., 2023 ; Devasenapathy et al., 2019). Ce principe, parfois résumé par l'expression Better In, Better Out, est aujourd'hui soutenu par des données robustes dans plusieurs contextes orthopédiques (Gillis et al., 2022 ; Jørgensen et al., 2024). La force musculaire préopératoire : un facteur pronostique modifiable Parmi les nombreux facteurs susceptibles d'influencer la récupération après une chirurgie orthopédique, la force musculaire préopératoire se distingue par deux caractéristiques importantes : elle est fortement associée aux résultats postopératoires (Devasenapathy et al., 2019 ; Takamura et al., 2024 ; Hiyama et al., 2026) et elle peut être améliorée avant l'intervention. (Punnoose et al., 2023 ; Walls et al., 2010) Arthroplastie totale du genou Chez les personnes qui subissent une arthroplastie totale du genou, la force du quadriceps avant l'opération est l'un des meilleurs prédicteurs de la récupération fonctionnelle ultérieure (Devasenapathy et al., 2019; Hiyama et al., 2026). Les patients présentant une meilleure force musculaire avant la chirurgie ont davantage de chances d'atteindre des niveaux satisfaisants de fonction et de mobilité après l'intervention. Certaines études ont même identifié des seuils de force permettant de prédire la capacité de marche à six mois postopératoires (Takamura et al., 2024). Plus récemment, Hiyama et ses collègues (2026) ont montré que les patients qui retrouvent une force du quadriceps comparable aux valeurs normatives rapportent une meilleure satisfaction et de meilleurs résultats fonctionnels un an après leur chirurgie. Reconstruction du ligament croisé antérieur La même tendance est observée après une reconstruction du ligament croisé antérieur. Un déficit préopératoire important de force du quadriceps est associé à une moins bonne fonction du genou à un an (Kim et al., 2022). À l'inverse, les patients qui présentent une meilleure force musculaire avant l'intervention obtiennent généralement de meilleurs résultats fonctionnels postopératoires. Cette association est également appuyée par les conclusions d'une revue systématique récente (Qiu et al., 2020). Chirurgies de l'épaule À l'épaule, la force musculaire préopératoire joue également un rôle déterminant. Chez les patients qui subissent une arthroplastie anatomique ou inversée, la force en abduction et en rotation externe figure parmi les prédicteurs les plus puissants des résultats fonctionnels postopératoires (Hao et al., 2022a; Hao et al., 2022b). La force de préhension, souvent considérée comme un indicateur global de l'état musculaire et de la sarcopénie, s'avère également associée aux résultats postopératoires après arthroplastie de l'épaule (Lee et al., 2023). Plus récemment, des données suggèrent qu'elle pourrait aussi prédire la récupération fonctionnelle après réparation de la coiffe des rotateurs. La SNME : une occasion d'agir avant la chirurgie Si la force musculaire influence le pronostic postopératoire, la question devient alors évidente : peut-on améliorer ce facteur avant l'intervention? La NMES constitue une avenue particulièrement intéressante pour y parvenir, notamment chez les patients qui présentent de la douleur, une faiblesse importante ou des limitations fonctionnelles qui restreignent leur capacité à s'entraîner de façon conventionnelle. Dans une étude pilote réalisée auprès de patients en attente d'une arthroplastie totale du genou, un programme de NMES à domicile a permis d'augmenter la force du quadriceps d'environ 28 % avant la chirurgie (Walls et al., 2010). Ces gains se sont traduits par une récupération plus rapide de la force et de la fonction durant les semaines suivant l'intervention, tout en limitant l'atrophie musculaire postopératoire. Ces résultats s'inscrivent dans un ensemble de données plus large soutenant les bénéfices de la préhabilitation. Une méta-analyse publiée dans JAMA Network Open, regroupant 48 essais cliniques et plus de 3 500 participants, a démontré que les interventions réalisées avant la chirurgie améliorent significativement la force musculaire et la fonction préopératoires, avec des bénéfices qui se maintiennent durant les premières semaines de récupération postopératoire (Punnoose et al., 2023). Le rôle de la SNME après la chirurgie La NMES demeure toutefois un outil pertinent après l'intervention. Au cours des premières semaines postopératoires, plusieurs facteurs limitent la récupération musculaire : douleur, épanchement articulaire, immobilisation, inhibition musculaire réflexe et réduction de l'activité physique. Dans ce contexte, la NMES permet de solliciter efficacement le muscle malgré les limitations fonctionnelles présentes. Après une chirurgie du genou Après une arthroplastie ou une reconstruction ligamentaire, la perte rapide de force du quadriceps représente un défi clinique majeur. L'utilisation précoce de la NMES peut contribuer à atténuer cette perte et favoriser une récupération fonctionnelle plus rapide, particulièrement lorsque l'activation volontaire demeure insuffisante. Après une chirurgie de l'épaule Bien que les données sur la NMES préopératoire à l'épaule soient encore limitées, les résultats postopératoires sont prometteurs. Des études récentes démontrent que la NMES peut réduire l'atrophie du deltoïde après une réparation de la coiffe des rotateurs et accélérer la récupération de la force en abduction (Yoon et al., 2026). D'autres travaux ont également observé une amélioration précoce de la force en rotation externe lorsque la NMES est appliquée à l'infraépineux durant les premières phases de réadaptation (Reinold et al., 2008). La sarcopénie : un facteur souvent sous-estimé Au-delà de la force musculaire, la quantité de masse musculaire disponible avant la chirurgie semble également influencer les résultats. Une méta-analyse regroupant plus de 14 000 patients a montré qu'une faible masse musculaire préopératoire est associée à une augmentation significative du risque de complications postopératoires majeures et de mortalité à court terme (Weerink et al., 2020). En arthroplastie du genou, une faible masse musculaire a également été identifiée comme un facteur de risque indépendant de transfusion postopératoire (Hwang et al., 2022). Ces observations rappellent que la préparation préopératoire ne vise pas uniquement à améliorer la fonction. Elle peut également contribuer à réduire certains risques associés à l'intervention chirurgicale. Ce qu'il faut retenir Les données actuelles convergent vers un même constat : la condition musculaire préopératoire influence directement la récupération après une chirurgie orthopédique. Pour les professionnels de la réadaptation, cela représente une occasion importante d'agir avant même que l'intervention n'ait lieu. La NMES apparaît comme une stratégie particulièrement intéressante pour optimiser un facteur pronostique modifiable, surtout lorsque la douleur ou les limitations fonctionnelles compromettent la capacité du patient à réaliser un entraînement musculaire suffisamment intense. Dans cette perspective, la période précédant la chirurgie ne devrait plus être considérée comme une simple attente. Elle constitue plutôt une fenêtre thérapeutique où il est possible d'améliorer la réserve musculaire du patient, de favoriser sa récupération future et, ultimement, d'optimiser ses résultats fonctionnels. Parce qu'en réadaptation orthopédique, la récupération commence souvent bien avant l'entrée en salle d'opération. Bodkin, S. G., Norte, G. E., & Hart, J. M. (2019). Corticospinal excitability can discriminate quadriceps strength indicative of knee function after ACL-reconstruction. Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports, 29(5), 716–724. Devasenapathy, N., Maddison, R., Malhotra, R., Zodepy, S., & Sharma, S. (2019). Preoperative quadriceps muscle strength and functional ability predict performance-based outcomes 6 months after total knee arthroplasty: A systematic review. Physical Therapy, 99(1), 46–61. Gillis, C., Ljungqvist, O., & Carli, F. (2022). Prehabilitation, enhanced recovery after surgery, or both? A narrative review. British Journal of Anaesthesia, 128(3), 434–448. Hao, K. A., Wright, T. W., Schoch, B. S., Struk, A. M., King, J. J., & Farmer, K. W. (2022a). Association between preoperative shoulder strength and clinical outcomes after primary reverse total shoulder arthroplasty. Journal of the American Academy of Orthopaedic Surgeons, 30(15), e1035–e1044. Hao, K. A., Wright, T. W., Dean, E. W., Struk, A. M., & King, J. J. (2022b). Preoperative shoulder strength is associated with postoperative primary anatomic total shoulder arthroplasty outcomes and improvement. 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Une douleur au dos, au cou, à l’épaule ou au genou est très fréquente. Dans la majorité des cas, la douleur s’améliore avec le temps. Mais parfois, elle peut durer plusieurs mois et devenir chronique. La bonne nouvelle, c’est qu’il est souvent possible d’agir tôt pour réduire ce risque. Pourquoi certaines douleurs deviennent-elles chroniques ? La douleur ne dépend pas seulement d’une blessure ou d’un problème physique. Plusieurs facteurs peuvent influencer la récupération, notamment : 1. l’intensité de la douleur au départ; 2. le stress et l’anxiété; 3. la peur de bouger; 4. un mauvais sommeil; 5. la fatigue; 6. le manque de soutien autour de soi; 7. certaines difficultés au travail ou dans la vie quotidienne. Tous ces éléments peuvent avoir un impact sur la façon dont le corps et le cerveau réagissent à la douleur. Une douleur intense au départ : un signal important Lorsqu’une douleur reste très intense pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines, cela peut être un signe qu’il faut intervenir plus rapidement. Cela ne veut pas dire que la situation est grave ou qu’elle deviendra permanente. Mais cela indique qu’un meilleur accompagnement pourrait être utile pour éviter que la douleur s’installe. La douleur chronique s’installe progressivement La douleur chronique n’apparaît pas du jour au lendemain. Avec le temps, le système nerveux peut devenir plus sensible. Le cerveau et les nerfs réagissent alors plus fortement aux signaux de douleur, même lorsque les tissus commencent à guérir. C’est pourquoi les premières semaines sont importantes. Plus on agit tôt, meilleures sont les chances de récupération. Certains facteurs peuvent ralentir la guérison Quand on a mal, il est normal : · d’avoir peur de bouger; · d’éviter certaines activités; · de se sentir découragé; · d’être stressé ou inquiet. Ces réactions sont fréquentes. Cependant, lorsqu’elles persistent longtemps, elles peuvent rendre la récupération plus difficile. Les professionnels de la santé appellent parfois ces facteurs des « drapeaux jaunes ». Des outils simples pour mieux vous aider Il existe aujourd’hui de courts questionnaires qui permettent aux professionnels de mieux comprendre le risque que la douleur persiste. Ces outils aident à offrir des soins adaptés aux besoins de chaque personne. Certaines personnes auront seulement besoin : · de conseils; · d’exercices simples; · et de réassurance. D’autres pourraient bénéficier : · d’un suivi plus rapproché; · d’un accompagnement plus global; · ou d’un soutien supplémentaire pour gérer la douleur. Que peut-on faire pour favoriser la récupération ? Continuer de bouger progressivement Le repos complet prolongé est rarement la meilleure solution. Bouger doucement et reprendre graduellement ses activités aide souvent à récupérer plus rapidement. L’important est d’avancer à son rythme. Comprendre la douleur Recevoir des explications claires et rassurantes peut aider à : · diminuer les inquiétudes; · réduire la peur du mouvement; · mieux gérer les symptômes. Comprendre la douleur permet souvent de reprendre confiance en son corps. Travailler aussi sur le stress et les émotions Le stress, l’anxiété et certaines pensées négatives peuvent amplifier la douleur. Dans certains cas, des approches comme : · la relaxation; · la gestion du stress; · ou un soutien psychologique peuvent aider à mieux récupérer. Ce qu’il faut retenir Une douleur persistante n’est pas une fatalité. Aujourd’hui, les professionnels de la santé disposent de meilleurs outils pour repérer les personnes plus à risque de développer une douleur chronique. Plus la prise en charge est adaptée tôt, meilleures sont les chances de récupération. Dépister tôt, c’est donner les meilleures chances d’éviter que la douleur s’installe durablement. Bibliographie Artus, M., Campbell, P., Mallen, C. D., Dunn, K. M., van der Windt, D. A. (2017). Generic prognostic factors for musculoskeletal pain in primary care: A systematic review. BMJ Open, 7(1), e012901. https://doi.org/10.1136/bmjopen-2016-012901 Cohen, S. P., Vase, L., Hooten, W. M. (2021). Chronic pain: An update on burden, best practices, and new advances. The Lancet, 397(10289), 2082–2097. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(21)00393-7 Daoust, R., Paquet, J., Cournoyer, A., Piette, É., Morris, J., Bhatt, M., Bhéreur, A., Bhatt, M. (2020). Relationship between acute pain trajectories after an emergency department visit and chronic pain: A Canadian prospective cohort study. BMJ Open, 10(12), e040390. https://doi.org/10.1136/bmjopen-2020-040390 Dowell, D., Ragan, K. R., Jones, C. M., Baldwin, G. T., Chou, R. (2022). CDC clinical practice guideline for prescribing opioids for pain — United States, 2022. MMWR Recommendations and Reports, 71(3), 1–95. https://doi.org/10.15585/mmwr.rr7103a1 Dunn, M., Rushton, A. B., Mistry, J., Soundy, A., Heneghan,

La douleur du travail est reconnue comme l’une des plus intenses expériences douloureuses vécues au cours de la vie (Zuarez-Easton et al., 2023). Même si l’analgésie péridurale est très efficace, elle ne convient pas à toutes les situations ni à toutes les préférences. On observe d’ailleurs une évolution claire des attentes. De plus en plus de femmes souhaitent vivre un accouchement où elles peuvent jouer un rôle actif et limiter les interventions médicales, lorsque cela est possible. Dans ce contexte, les lignes directrices de l’American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG) rappellent que les méthodes non pharmacologiques ne sont associées à aucun effet indésirable pour la mère, le fœtus ou la progression du travail (Bryant Borders, 2019). Le TENS s’inscrit donc naturellement dans cette approche. Le TENS : une approche simple Le TENS utilise des courants électriques à faible intensité pour moduler la transmission de la douleur par le biais des mécanismes inhibiteurs du système nerveux central. Concrètement, il agit sur la perception de la douleur sans recourir à des agents pharmacologiques. En obstétrique, des dispositifs comme le TENS-EVA ont été développés spécifiquement pour la douleur du travail. Leur utilisation est simple et, surtout, ils permettent à la patiente de contrôler elle-même l’intensité de la stimulation, selon ses besoins. Des données probantes claires, avec des effets mesurables Les études récentes permettent de mieux comprendre l’impact du TENS en pratique clinique. Une méta-analyse publiée en 2025, incluant 51 essais contrôlés randomisés et plus de 10 000 participantes, montre une diminution moyenne d’environ 2 point sur 10 sur l’échelle visuelle analogique de douleur chez les femmes qui utilisent le TENS, comparativement aux groupes témoins (Hu et al., 2025). Par ailleurs, environ 52 % des patientes rapportent un soulagement significatif de la douleur. Ces résultats vont dans le même sens qu’une revue systématique antérieure, qui montre également une amélioration significative du soulagement de la douleur avec le TENS (Thuvarakan et al., 2020). Un profil de sécurité rassurant Sur le plan de la sécurité, les résultats sont très cohérents d’une étude à l’autre. Les données ne montrent pas d’augmentation des effets indésirables chez la mère ou le nouveau-né (Hu et al., 2025 ; Michalska et al., 2025). De plus, l’utilisation du TENS n’est pas associée à une hausse des taux de césarienne, d’accouchement assisté ou d’autres interventions obstétricales (Dowswell et al., 2009 ; Michalska et al., 2025). Ces éléments sont importants, puisqu’ils indiquent que le TENS peut être intégré en pratique sans modifier le déroulement du travail ni ajouter de risque clinique. Une acceptabilité élevée chez les patientes Un autre point intéressant concerne l’expérience des patientes. Environ 63 % des femmes ayant utilisé le TENS indiquent qu’elles choisiraient de l’utiliser à nouveau lors d’un accouchement futur (Dowswell et al., 2009). Cette acceptabilité élevée s’explique en grande partie par le contrôle que permet l’appareil. Le fait de pouvoir ajuster soi-même l’intensité selon ses besoins contribue au sentiment d’autonomie, un élément clé dans l’expérience globale de l’accouchement. Quelle place pour le TENS dans les recommandations actuelles Les lignes directrices de l’American College of Obstetricians and Gynecologists reconnaissent que le TENS peut contribuer à la gestion de la douleur du travail, même si les effets observés sur les scores de douleur varient d’une étude à l’autre (Bryant Borders, 2019). De son côté, la revue Cochrane met davantage l’accent sur le choix de la patiente, en indiquant que les femmes devraient pouvoir utiliser le TENS à tout moment du travail, seul ou en complément d’autres méthodes (Dowswell et al., 2009). Cette position reflète bien l’évolution actuelle vers des soins plus personnalisés et adaptés aux préférences individuelles. Le TENS prend d’ailleurs tout son sens lorsqu’il est intégré à une approche combinée. Il peut être utilisé avec d’autres interventions, qu’elles soient pharmacologiques ou non pharmacologiques (Bryant Borders, 2019 ; Zuarez-Easton et al., 2023). Cette complémentarité permet d’ajuster la prise en charge en fonction des besoins de chaque patiente, sans rigidité. Ce que cela change concrètement en pratique Sur le terrain, l’intégration du TENS permet surtout d’élargir les options offertes. Cela devient particulièrement pertinent lorsque la péridurale n’est pas possible ou simplement non souhaitée. Il s’agit aussi d’un moyen de soutenir une approche moins interventionniste, en limitant le recours aux médicaments tout en préservant la mobilité et la participation active de la patiente pendant le travail. Les données suggèrent également que le TENS est plus efficace lorsqu’il est utilisé tôt dans le travail. Cela met en évidence l’importance d’en discuter dès la période prénatale, afin que les patientes puissent faire un choix éclairé et se sentir à l’aise avec son utilisation le moment venu. Conclusion Le TENS-EVA représente une option non pharmacologique pertinente, soutenue par des données probantes. Son effet sur la douleur est modeste, mais bien réel et observé de façon constante dans les études. À cela s’ajoutent un excellent profil de sécurité et une forte acceptabilité chez les patientes, deux éléments particulièrement importants en contexte obstétrical. Dans un contexte où la personnalisation des soins et le respect des préférences des patientes prennent de plus en plus de place, le TENS-EVA s’impose comme un outil intéressant à intégrer en pratique. Il permet d’élargir les options disponibles, tout en soutenant une approche centrée sur la patiente et adaptée à la réalité de chaque accouchement. Référence s: Bernard, A., Oyler, D. R., Anglen, J. O., Burd, R. S., Khatri, V., Levy, M. J., Petersen, S. R., Sliker, C. W., Winchell, R. J. (2020). Best practices guidelines for acute pain management in trauma patients. American College of Surgeons. https://www.facs.org/quality-programs/trauma/tqp/center-programs/vrc/resources/ Bryant, A. S., Borders, A. E. (2019). Approaches to limit intervention during labor and birth. ACOG Committee Opinion No. 766. American College of Obstetricians and Gynecologists. Obstetrics Gynecology, 133(2), e164-e173. Dowswell, T., Bedwell, C., Lavender, T., Neilson, J. P. (2009). Transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) for pain relief in labour. Cochrane Database of Systematic Reviews, (2), CD007214. https://doi.org/10.1002/14651858.CD007214.pub2 Hu, Z. Y., Tang, J., Li, X. X., Zhang, Y., Wang, L., Chen, Y., Liu, Y., Wang, X. (2025). The efficacy and safety of transcutaneous electrical nerve stimulation for labor analgesia in the first stage of labor: A qualitative and quantitative analysis. Frontiers in Medicine, 13, 1730360. https://doi.org/10.3389/fmed.2026.1730360 Michalska, A., Blazuk-Fortak, A., Gladys-Jakubczyk, A., Wolder, D., Swiercz, G. (2025). The impact of transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) on the consecutive stages of labour and perinatal outcomes—A retrospective cohort study. Journal of Clinical Medicine, 14(10), 3445. https://doi.org/10.3390/jcm14103445 Thuvarakan, K., Zimmermann, H., Mikkelsen, M. K., Gazerani, P. (2020). Transcutaneous electrical nerve stimulation as a pain-relieving approach in labor pain: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Neuromodulation: Journal of the International Neuromodulation Society, 23(6), 732-746. https://doi.org/10.1111/ner.13221 Zuarez-Easton, S., Erez, O., Zafran, N., Carmeli, S., Garmi, G., Salim, R. (2023). Pharmacologic and nonpharmacologic options for pain relief during labor: An expert review. American Journal of Obstetrics and Gynecology, 228(5S), S1246-S1259. https://doi.org/10.1016/j.ajog.2023.03.003








